L’obsidienne du masque s’était ternie. Sa surface, dans les anciens temps lisse et morale, révélait à l'heure actuelle de fines veines opaques, tels que si la gemme elle-même avait absorbé à l'infini de courants hétéroclites. Alondra, assise à même le sol de sa petite maison, sentait que le lien fragile entre le vent et les voyances nécessitait un nouvel accord. Depuis quatre ou cinq journées, les réponses envoyées dans le cadre de sa voyance en sms étaient moins diverses, plus retenues, précautionneusement sélectionnées. Le caractère n’était plus un guide plus équilibré, mais un champ traversé d’interférences. Elle développa un routine de filtration. Avant d'inclure le masque, elle ouvrait toutes les fenêtres, donnant les vents s’engouffrer librement dans la maison. L’air devait circuler, pouvoir éloigner les résidus des immémoriaux symboles, proférer les marques de prévisions acerbité absorbées. Une fois la parure emplie de silence en mouvement, elle s’asseyait au milieu et plaçait les masques sur son figures. Ce n’est qu’à ce moment, si le vent redevenait fluide, qu’elle acceptait de trouver un nouveau message. La voyance sms redevint dans ces conditions plus claire, plus nuancée. Les souffles revenaient avec des modulations légères. Des timbres reconnaissables se reformaient. Elle réapprit à choisir les voix véritables, celle qui portaient la limpidité d’une réprésentation claire. Elles ne venaient jamais dans le chahut, mais dans une poussée fine, presque indiscernable, entre deux rafales. Elle gardait les justifications courtes, concentrées, sans périphrase. Sa voyance par sms était un murmure qu’elle procurait sans emphase, de façon identique à un conseil soufflé dans l’ombre d’une règle. Le masque réagissait à sa prudence. Les veines s’estompaient, la surface retrouvait un éclat sobre. Alondra avait compris que le vent n’était pas un spiritisme à gêner, mais un flux qui vit, se remuant, de temps à autre traversé d’autres désidérata. Le masque d’obsidienne était un filtre autant dans les domaines qu’un canal. Il ne révélait que ce que la portante était prête à recevoir. Les messages qu’elle envoyait retrouvaient leur sérénité. Les membres parlaient d’étranges coïncidences, d’intuitions confirmées, de détours évités. La voyance en sms d’Alondra redevenait ce qu’elle avait extrêmement vécu : une écoute attentive des fréquents invisibles. Et dans chaque imagination capté par la joyau, elle savait désormais séparer l’écho Phil voyance fidèle de l’avenir en mouvement.
